C’est un sujet important : lorsqu’on s’intéresse à la franc-maçonnerie, par intérêt ou par simple curiosité, l’information doit être précise et adaptée, afin d’éviter les malentendus et de ne pas entretenir le flou. Il est évident que nous devons répondre à cette question, puisque c’est la première que l’on trouve sur la toile.
Un préalable
Demander son adhésion n’est pas un acte anodin : on entre dans une organisation qui a ses codes, ses pratiques et ses symboles, et ceux-ci ne conviennent pas à tout le monde. Il faut donc bien mesurer son choix avant de se lancer dans une démarche qui est longue et parfois intrusive.
Quelques conditions sont à connaître :
- être majeur ;
- avoir un casier judiciaire vierge ;
- être autonome dans ses choix et, si possible, les partager avec ses proches directs ;
- être de bonnes mœurs, et notamment ne pas être connu pour sa proximité avec des idées prônant l’intolérance ou le racisme.
Il est également déconseillé de se présenter après un premier refus. Un refus par une loge ou une obédience entraîne, dans la plupart des obédiences sérieuses, un refus ailleurs. L’expérience montre que ces précautions sont nécessaires : des personnes malveillantes candidatent parfois dans plusieurs obédiences pour pratiquer l’entrisme. Or les critères de recrutement sont sensiblement les mêmes partout. Si un candidat est refusé par une obédience, il y a donc de bonnes raisons de penser qu’il le sera ailleurs. Seules font exception quelques obédiences peu sérieuses, où la quantité prime sur la qualité des membres.
Il n’est pas nécessaire d’avoir la nationalité française, mais il est préférable de s’exprimer en français, puisque c’est la langue parlée dans les loges de France.
L’adhésion est ouverte à tous, sans distinction d’origine professionnelle, sociale, culturelle, religieuse ou philosophique, et sans limite d’âge. Aucun justificatif de ressources n’est demandé, mais il faut s’assurer de pouvoir régler sa cotisation annuelle, qui varie selon les loges et les obédiences (de l’ordre de 250 à 300 € environ).
Ces conditions sont généralement fixées par les statuts de l’obédience ou de la loge, parfois complétés par un règlement intérieur, et font toujours l’objet de votes démocratiques. Le profane est normalement informé de ces règles au cours de son parcours d’adhésion. Si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à poser toutes vos questions aux personnes que vous rencontrerez : cela fait partie de l’accompagnement du profane.
Malgré le grand nombre d’obédiences et leurs spécificités, il n’existe que deux façons de devenir franc-maçon :
la candidature directe ou le parrainage

Le parrainage où le marrainage
Comme dans toutes les associations, le recrutement se fait avant tout par le bouche-à-oreille. Il est plus simple pour un franc-maçon d’apprécier les qualités humaines de ses proches : membres de sa famille, collègues de travail, partenaires de sport, anciens camarades de lycée ou d’université avec qui il entretient une relation suivie.
C’est la procédure la plus courante et la plus amicale. Elle permet au profane de découvrir que, dans son entourage, il a des amis francs-maçons, avec qui il partage des valeurs et une conception de la vie qui peuvent faciliter un rapprochement, puis une éventuelle adhésion.
Le parrainage engage les deux parties : le parrain ou la marraine s’en porte garant, et le candidat s’engage à son tour. La démarche peut aussi aller dans l’autre sens : vous pouvez vous dévoiler auprès d’un franc-maçon que vous connaissez. Il ne s’en offusquera pas, bien au contraire, mais il prendra le temps de vérifier que votre demande est sincère et réfléchie.
Une fois les conditions ci-dessus réunies, votre parrain vérifiera vos préférences :
- le choix de l’obédience (masculine, féminine ou mixte) ;
- le type d’obédience : déiste, théiste ou agnostique (voir la page sur les obédiences) ;
- la proximité géographique et votre lieu d’habitation.
C’est en fonction de ces critères qu’il pourra vous orienter et accompagner votre candidature.
La candidature directe
Aujourd’hui, grâce à leurs moyens de communication, les obédiences permettent aux profanes de s’informer plus facilement sur le paysage maçonnique français et de s’adresser directement à elles, sans intermédiaire.
Cette procédure évite le parrainage. Elle convient à ceux qui ne connaissent aucun franc-maçon, ou qui, pour des raisons personnelles, ne souhaitent pas se confier au premier maçon venu. Elle présente de nombreux avantages : vous pouvez candidater quand vous le voulez et choisir l’obédience ou la loge qui vous convient.
Il n’en reste pas moins qu’il faut prendre son temps et bien se renseigner, car chaque obédience a ses particularités et toutes les villes ne répondent pas à toutes les attentes. Dans les capitales régionales, chacun pourra trouver son bonheur ; il en sera autrement dans de nombreuses préfectures et sous-préfectures, où toutes les obédiences et tous les rites ne sont pas représentés.
Pour être complet, précisons que l’obédience transmettra votre lettre de candidature à la loge la plus proche de votre domicile et la plus adaptée à vos souhaits. C’est la loge, et non l’obédience, qui lance la procédure d’adhésion.
La lettre de candidature
C’est par une simple lettre que vous officialisez votre demande d’adhésion. Il n’existe pas de modèle : il suffit d’être sincère et d’expliquer :
- les raisons de votre demande ;
- le chemin parcouru pour y arriver ;
- pourquoi vous sollicitez cette obédience ou cette loge.
Cette lettre est à remettre à votre parrain, qui la fera suivre au président de l’association (loi 1901) qui gère la loge, ou à envoyer au siège de l’obédience que vous aurez choisie. Pensez à y indiquer vos coordonnées complètes (adresse, téléphone, e-mail) afin que la loge puisse vous joindre.
La procédure commence seulement
Entre la découverte de la franc-maçonnerie et le souhait de l’intégrer, il peut s’écouler plusieurs mois, voire plusieurs années. C’est normal, et même nécessaire : cela permet de préciser ses intentions et d’éviter des erreurs préjudiciables, autant pour vous que pour la loge.
Une fois la candidature posée, le parcours du candidat commence réellement. Même si son cheminement personnel semble abouti, il doit être confronté au regard des francs-maçons de la loge, qui apprécieront ses intentions et la profondeur de sa démarche.
Dans les semaines qui suivent la demande, le candidat recevra généralement la visite du vénérable maître de la loge (son président). Cette visite permet d’associer une demande à une personne et de vérifier sa sincérité. C’est aussi une façon courtoise de répondre à sa demande et de lancer officiellement l’instruction de son dossier.
Après cette visite, le vénérable en informe officiellement la loge et désigne trois frères chargés de mener trois enquêtes distinctes, afin de connaître en profondeur le profil du candidat. Les enquêteurs rendent compte de leurs conclusions à la loge, qui vote ensuite l’admission du candidat ; ce vote est le plus souvent à bulletin secret.
Cette période d’instruction est faite pour ne laisser place à aucun doute, de part et d’autre. Le profane doit arriver à l’initiation sans heurt ni complication. Le passage sous le bandeau est l’ultime épreuve, qui confirme ce que le candidat a pu dire auparavant, mais chacun peut encore interrompre le processus avant l’initiation.
En franc-maçonnerie, rien n’est irréversible.
La petite synthèse du Guide Suprême
Un premier refus ferme généralement les portes des autres obédiences.
Il faut avoir un casier judiciaire vierge.
Il faut être majeur.
Il n’est pas nécessaire d’être de nationalité française.
Il est préférable de comprendre et de parler le français.
L’instruction dure plusieurs mois.
Une cotisation annuelle est à prévoir (environ 250 à 300 €).
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